L’actualité politique du secteur CISP

Cette fin de législature a été marquée par de nombreuses mobilisations du secteur CISP. Les deux dernières en date furent une manifestation dans les rues de Namur le 18 mars dernier avec les syndicats qui a réuni une dizaine de milliers de personnes et une mobilisation de la dernière chance menée par une cinquantaine d’acteurs des CISP le 24 avril devant les cabinets des ministres Jeholet et Greoli.
Le lundi 29 avril, les arrêtés portant sur les CISP et sur les dépenses éligibles ont été approuvés en 3ème lecture par vote électronique par le Gouvernement wallon. Lire la page « Les arrêtés CISP et GDE ont été votés »

Le Guide des dépenses éligibles

Le principe du contrôle du bon usage des deniers publics ne pose pas de problème au secteur. Cependant, les dispositions qui étaient au départ prévues dans le guide des dépenses éligibles menaçaient la viabilité des centres. Au vu des accords qui ont été trouvés, notre slogan « Les CISP menacés d’extinction » ne semble donc plus de mise. Mais nous nous devons de rester vigilants et prudents. Accompagner chacun pour implémenter au mieux les nouvelles dispositions sera une priorité.

L’Interfédé, l’InterMire et les SAACE avaient remis un avis sur l’avant-projet d’arrêté du Gouvernement wallon relatif aux dépenses éligibles le 6 décembre 2018. L’Interfédé avait encore répondu aux propos du Ministre P-Y Jeholet le 10 janvier dernier suite à ses déclarations lors de la séance au Parlement wallon de la Commission de l’économie, de l’emploi et de la formation du 18 décembre.

L’Arrêté CISP

La révision de l’arrêté CISP était inéluctable pour le mettre en conformité avec son décret. D’autres modifications à l’initiative du ministre Jeholet (heures assimilées, stages, taux d’insertion) recadrent l’action des CISP. Elles ne sont pas partagées par le secteur qui n’a toutefois pas réussi (ou à peine) à infléchir la rédaction du texte final compte tenu de l’absence de volonté de concertation et d’écoute des préoccupations du secteur quant aux fondamentaux de ses missions. Ces changements ne mettent pas en péril la survie des centres mais impriment une autre orientation à l’action pédagogique des CISP. Le travail n’est manifestement pas terminé sur ces aspects…

Sur base du nouvel arrêté CISP adopté par le GW et de l’anticipation de son application, les demandes du secteur seront à nouveau analysées et portées par les fédérations et l’Interfédé.

Une nouvelle législature se profile à l’horizon et de nouvelles perspectives avec elle.

L’Interfédé avait remis un avis étayé de 14 pages le 18 décembre 2018 sur l’avant-projet d’arrêté CISP.

Décret insertion

Suite à l’échec de la réforme APE qui n’a pas été votée au Parlement wallon sous cette législature, le décret Insertion qui lui était lié, n’a pas abouti et a été abandonné par le ministre Jeholet. Ce dossier sera repris par le prochain Gouvernement wallon, après les élections du 26 mai 2019, et de nouvelles négociations seront entamées. À suivre…

La réforme APE, qui avait été menée dans la précipitation, transférait des budgets importants vers les politiques fonctionnelles, sans toutefois de véritable analyse des besoins. De nombreux “ex-APE” de notre secteur sont ainsi affectés systématiquement à la politique fonctionnelle «Emploi». Celle-ci prévoyait de mettre en œuvre un futur projet d’insertion régi par marché public, ouvert au secteur privé marchand, contraint par un résultat d’insertion à l’emploi.

Auprès du nouveau gouvernement wallon, l’Interfédé demandera à nouveau que les CISP relèvent de la compétence fonctionnelle «Formation», tenant compte de leur mission.

L’Interfédé s’était positionnée le 10 janvier 2019 sur l’avant-projet de décret relatif à l’insertion dans l’emploi des demandeurs d’emploi inoccupés.

Dossier unique

L’Interfédé émet de sérieux doutes sur la pertinence de l’outil que sera le dossier unique du demandeur d’emploi comme réponse à leurs besoins essentiels de (ré)insertion sur le marché de l’emploi. Le dossier unique n’est pas un outil d’orientation mais bien un outil de traçabilité du parcours du demandeur d’emploi. Il ne remplacera jamais la pertinence d’un entretien en face à face avec le demandeur d’emploi.

Craignant une dérive d’automatisation sans prise en compte approfondie des besoins et réalités du demandeur d’emploi, l’Interfédé demande que des balises soit rencontrées et garanties dans un texte diffusé le 17 janvier 2019.