• Communiqué de presse du 23 mai 2018

    Rationaliser l’insertion professionnelle pour atteindre le plein emploi ?

    Le vendredi 18 mai dernier, le ministre de l’Emploi et de la Formation, Pierre-Yves Jeholet présentait dans les colonnes du Soir son ambition pleine d’utopie d’atteindre le plein emploi en 2025. Pour y arriver, il évoquait un paysage de l’insertion professionnelle à « rationaliser » abritant « une série d’asbl d’insertion ». Un discours qui témoigne d’une méconnaissance du travail des Centres d’insertion socioprofessionnelle (CISP). Un secteur large, structuré, actif et performant.

    Chaque année, les 157 Centres d’insertion socioprofessionnelle wallons forment 16.000 demandeurs d’emploi peu qualifiés, très éloignés de l’emploi dans près de 400 filières de formation. Les CISP forment à des métiers dits critiques (une appellation propre au Forem) comme commis de cuisine, aide familiale, soudeur ou métiers du bâtiment mais aussi dans des filières d’avenir comme le maraîchage, l’impression 3D ou le recyclage.

    Un public dont personne ne veut

    « Nous ne sommes pas “une série d’asbl d’insertion” en mal de rationalisation », réagit Anne-Hélène Lulling secrétaire générale de l’Interfédé représentant le secteur CISP. « Nous sommes régis par un décret de la Région wallonne avec une mission définie et précise : favoriser l’insertion socioprofessionnelle des demandeurs d’emploi peu qualifiés, très éloignés de l’emploi. Nous travaillons en collaboration étroite avec le Forem, l’Ifapme, les Mires et bien d’autres acteurs non pas pour faire ‘doublons’ mais de façon complémentaire, pour unir nos forces en bonne intelligence. Notre public n’est en général pas en mesure d’entamer une formation Forem ou une formation qualifiante de promotion sociale. Dans un CISP, on prend le temps d’aider la personne à se remettre debout, à reprendre confiance en elle, dans une volonté d’insertion durable dans la société. Notre enjeu : parvenir à accompagner au mieux des personnes toujours plus fragilisées sur un marché de l’emploi de plus en plus exigu et exigeant ».

    Une approche intégrée, sociale et professionnelle

    Le travail des CISP agit à la fois sur le plan social et professionnel. Le demandeur d’emploi peu qualifié va non seulement acquérir des compétences de base (français et math) et des compétences professionnelles dans un métier. Mais, il va aussi avoir l’opportunité de travailler sur ses problèmes de logement, de garde d’enfants, de mobilité, de rythme de vie, de dettes ou encore d’assuétude… Dans un CISP, nous faisons du « sur mesure » et pas du « prêt à porter » :

    • Nous travaillons avec de nombreux employeurs qui apprécient notre réactivité et notre capacité à développer utilement les compétences des demandeurs d’emploi que nous accueillons ;
    • Là où la spirale de l’échec s’est installée, depuis l’école jusqu’à l’emploi, nous accompagnons nos stagiaires afin qu’ils puissent se construire un projet de vie positif et valorisant ;
    • Nous permettons à de nombreuses personnes très faiblement qualifiées de réintégrer durablement le marché de l’emploi, chose qu’aucune autre structure de formation ne leur propose.

    Nous voulons que nos stagiaires s’insèrent dans des emplois durables et de qualité, et non pas les faire rentrer dans des cases pour répondre à des statistiques, d’ici 2025. Pour les CISP, un emploi qui mobilise est un emploi choisi, une formation qui mobilise est une formation choisie.

    Notre utopie est d’inclure toutes les personnes dans la société.

    Interfédé des CISP – 23 mai 2018 – 20180523 – CP Rationaliser l’insertion – réaction des CISP