L’Interfédé a dressé un état des lieux au 31 décembre 2020 de la situation financière des CISP en tenant compte des recettes des centres mais également de leurs charges et en s’intéressant à l’impact des différentes aides exceptionnelles perçues en 2020 suite à la crise. Pour établir cet état des lieux, l’Interfédé et les fédérations ont réalisé dans le courant du mois de mars 2021, une collecte des données financières à la clôture de l’exercice auprès de CISP. L’objectif de ce bilan était aussi de démontrer la nécessité de poursuivre en 2021 la mise en place de mesures exceptionnelles puisque la pandémie perdure encore sur une longue période.

Une note synthétique des analyses réalisées a été transmise au cabinet de la Ministre Morreale. En voici les principales conclusions :

Il apparait que :

  • 85,5% des centres qui ont répondu à notre enquête ont pu maintenir un budget à l’équilibre ou ont un résultat positif en 2020.
  • 14,5% des centres présentent un résultat comptable 2020 négatif malgré les différentes aides financières reçues.

 

Sans les aides financières perçues par les centres en 2020, 82% des centres répondants auraient enregistré un résultat comptable négatif pour l’année 2020 alors que seuls 14,5% des centres présentent un résultat négatif en tenant compte des aides perçues. Pour les 14,5% des centres qui obtiennent un résultat comptable 2020 négatif malgré les aides financières perçues, ces aides ont néanmoins permis de réduire considérablement leurs pertes financières.

 

Trois mesures ont eu un impact majeur :

 

  • L’impact le plus important est celui du maintien de la subvention CISP sans prise en compte du volume d’action réalisé. Sans cette mesure exceptionnelle, les déficits auraient clairement compromis la viabilité d’une proportion considérable de centres.
  • Parmi les centres qui ont bénéficié de la prime ONSS, soit 53 centres sur 55 répondants, 66% auraient présenté un résultat comptable 2020 négatif s’ils n’avaient pas pu en bénéficier tout en bénéficiant des autres aides financières. Pour 51% des centres ayant bénéficié de la prime ONSS, cette prime leur permet de présenter un résultat comptable 2020 positif ou à l’équilibre, alors que sans cette prime ONSS, leur résultat aurait été négatif et ce malgré les autres aides financières perçues.

Pour 20 centres sur 53 soit 38%, les autres aides financières étaient nécessaires pour obtenir un résultat positif ou à l’équilibre en 2020. La seule prime ONSS ne suffisait pas à elle seule pour que leur résultat comptable 2020 soit positif.

  • Parmi les centres qui ont eu recours au chômage temporaire « corona », 19 centres sur 55 (42%) auraient présenté un résultat comptable 2020 négatif s’ils n’avaient pas pu bénéficier du chômage temporaire.

 

Le montant des aides financières dont ont bénéficié les centres DéFI est généralement moins important que le montant des aides reçues par les centres EFT ou par les centres DéFI/EFT. Outre les primes de compensation pour perte de chiffre d’affaires (2 x 5.000 €) qui ont uniquement été accordées aux centres disposant d’au moins une filière EFT, on constate logiquement que les centres DéFI ont également beaucoup moins recouru au chômage temporaire (1 centre DéFI répondant contre 67% des centres EFT et DéFI/EFT). On observe que le montant de la prime ONSS est également en moyenne moins important pour les centres DéFI.

 

La subvention CISP représente bien souvent la source la plus importante des revenus des centres, les aides exceptionnelles perçues en 2020 par les centres représentent, quant à elles, en moyenne seulement 7% des recettes totales et 10% de leur subvention CISP proméritée. Suite à ce constat, notre préoccupation principale est de garantir la subvention CISP à tous les centres pour l’ensemble de l’année 2021, au-delà de la période liée aux mesures sanitaires. Nous savons en effet que la reprise de l’activité sera progressive les premiers mois qui suivront la relance, comme le montrent les monitorings économiques mensuels que nous avons réalisés après le 1er et 2ème confinement en 2020.

Cette première priorité n’est cependant pas suffisante qu’il y ait relance ou pas en 2021. L’analyse des projections financières des centres pour 2020 montre que c’est grâce aux différentes aides reçues que la plupart des centres ont pu maintenir un équilibre financier. Or, en 2021, la prime ONSS risque de ne pas être reconduite, tandis que la mesure chômage temporaire « corona » s’éteindrait au 30 septembre 2021. Dans une proportion et selon des modalités à déterminer, des aides complémentaires seront nécessaires en 2021 pour éviter que plusieurs CISP se retrouvent en difficultés financières à la clôture de leur exercice comptable 2021.