Colloque CISP du 30 septembre
Quel avenir pour l’insertion socioprofessionnelle ? Regards croisés sur les CISP, les politiques d’emploi et les enjeux des réformes actuelles
Vous étiez nombreux, le 30 septembre, à avoir participé à notre colloque “quel avenir pour l’insertion socioprofessionnelle ?”
Cette matinée d’échanges et de réflexion a été particulièrement riche. Alors que la réforme des CISP suscite de nombreuses interrogations et préoccupations, les interventions et les éclairages académiques, ainsi que les échanges lors de la table ronde, nous ont permis de mieux mesurer l’importance de l’insertion socioprofessionnelle et son rôle essentiel dans notre société.
Jean-François Orianne, docteur en sociologie, nous a rappelé que les conditions d’accès à l’emploi dépendent avant tout de facteurs socio-économiques et du marché du travail, que les opérateurs ne maîtrisent que partiellement. Les acteurs de l’insertion ne peuvent garantir un recrutement à l’issue du parcours, ni agir sur le nombre d’offres disponibles, les conditions de recrutement ou la conjoncture économique.
C’est pourquoi il est important de prendre en compte les progrès réalisés et les étapes franchies vers l’emploi, même lorsqu’elles ne débouchent pas immédiatement sur une mise à l’emploi. Mettre la pression sur les résultats directs des opérateurs sans travailler sur l’offre d’emplois accessibles et de qualité, c’est les mettre dans une situation d’échec et les affaiblir.
Sybille Mertens, docteure en sciences économiques, nous a expliqué que les bénéfices d’un parcours d’insertion socioprofessionnelle ne se résument pas à un retour immédiat à l’emploi. Certains de ces parcours se construisent dans le temps, de manière directe ou indirecte.
Les formations permettent également d’aider à retrouver un rythme, reprendre confiance, réapprendre à travailler avec les autres, découvrir un métier ou préciser son orientation. Elles contribuent ainsi à lever les freins pouvant empêcher un retour durable vers l’emploi.
Les bénéfices du travail d’insertion se font également sentir sur de nombreux autres plans : santé, cohésion sociale, lutte contre la pauvreté. En se concentrant sur des impacts de court terme et de mise à l’emploi immédiats, on risque de gommer un travail indispensable qui évite des coûts futurs pour la société.
Enfin, une table ronde a rassemblé Julie Denis (Forem), Sandrine Everard (Mirena), Valérie Goffart (Thomas & Piron), Sophie Jenicot (CPAS de Namur) et Bruno Schneider (CISP Perspectives).
Les échanges nous ont rappelé que ce qui améliore la qualité du travail, c’est la collaboration, la connaissance réciproque, pas les contraintes et le contrôle.
À l’inverse, supprimer les moyens qui permettent un accompagnement individualisé et adapté a pour conséquence d’augmenter les abandons et la sherwoodisation (mise à l’écart de la société) de publics déjà fragilisés.
Ces échanges nous rappellent à quel point l’insertion socioprofessionnelle occupe une place essentielle dans notre société. Dès lors, comme l’a souligné Sybille Mertens, peut-être faut-il finalement inverser la question :
“Quel avenir sans l’insertion socioprofessionnelle”
Nous tenons à vous remercier chaleureusement pour votre participation et pour la richesse des échanges.
Nous vous invitons à découvrir l’album photo du colloque. Ces photos illustrent parfaitement la richesse des échanges, des réflexions et des rencontres qui ont marqué cette matinée…
Nous vous partagerons prochainement une synthèse plus complète du contenu des échanges et les différentes interventions du colloque.
