Les Centres d’insertion socioprofessionnelle (CISP) sont des opérateurs de formation professionnelle et d’insertion socioprofessionnelle.

  • Les CISP proposent de l’orientation professionnelle, des formations de base (alphabétisation, français langue étrangère, remise à niveau) et des formations à un métier.
  • Ces formations s’adressent à des adultes peu scolarisés et principalement demandeurs d’emploi.
  • Un accompagnement psychosocial spécifique aux CISP est mis en place où le formateur va prendre en compte la personne dans sa globalité et développer une approche personnalisée.
  • Les formations sont construites avec des pédagogies alternatives et novatrices qui ont but d’ouvrir le champ des possibles des apprenants.
  • Il existe 152 centres de formation agréés (141 asbl et 11 services de CPAS) en Wallonie.
  • Les CISP proposent près de 400 filières de formation.
  • Ils forment plus de 15.000 stagiaires chaque année, soit près de 6 millions d’heures de formation.
Les CISP sont animés par un cadre d’action et des pratiques communes : la lutte contre les inégalités, la reconquête de la citoyenneté, la prise en compte globale et personnalisée des personnes qui sont en formation, l’action collective.

Les CISP : leviers essentiels pour l’insertion sociale et professionnelle

Chaque année, les 152 Centres d’insertion socioprofessionnelle (CISP) en Wallonie forment plus de 15.000 stagiaires dans près de 400 filières de formation.

Les CISP visent un public particulièrement précarisé, lequel n’est en général pas en mesure d’entamer directement une formation au Forem ou une formation qualifiante de Promotion sociale. Généralement peu diplômés, 70% des stagiaires CISP disposent au maximum du certificat d’enseignement secondaire du deuxième degré (CESDD). En 2020, près d’un quart d’entre eux n’avaient pas d’allocations ni de revenu lié à un travail et plus de 30% étaient bénéficiaires du CPAS. Dans un CISP, on prend le temps d’aider la personne à se remettre debout dans une perspective d’émancipation sociale, de développement personnel et d’insertion durable. Pour répondre aux besoins de ce public et parce que l’avenir d’un individu ne se construit pas sans fondations solides, environ la moitié des formations en CISP sont des formations de base (alphabétisation, français langue étrangère, remise à niveau) ou en orientation professionnelle. Par ailleurs, les CISP proposent également de nombreuses formations professionnalisantes en lien direct avec un métier.

Amener les stagiaires de leur projet de vie à l’emploi

Les stagiaires des CISP sont des femmes et des hommes aux profils très divers qui développent au sein des CISP un même projet d’insertion dans la société et sur le marché du travail. La mission des CISP est en effet de favoriser l’insertion socioprofessionnelle de ces personnes éloignées de l’emploi par l’acquisition de compétences, connaissances et comportements nécessaires à leur insertion directe ou indirecte sur le marché de l’emploi. Notre objectif est de les sortir de la spirale de l’échec en les amenant au plus proche de leur projet personnel et professionnel, dans une démarche respectueuse de leurs besoins, de leurs aspirations, de leur rythme d’apprentissage. Un défi que nous relevons au quotidien, en partenariat avec les acteurs publics ou privés de l’insertion et de la formation des adultes !

Le travail des CISP relève à la fois du champ social et du champ professionnel. Par rapport au champ social des formations, un accompagnement psychosocial spécifique aux CISP est mis en place où le formateur va prendre en compte la personne dans sa globalité et développer une approche personnalisée. Pour que le stagiaire puisse accorder sa pleine attention et toute son énergie à sa formation, le CISP va aussi l’accompagner pour le soutenir face à ses problèmes de logement, de garde d’enfants, de mobilité, de rythme de vie, de dettes ou encore d’assuétude… Les CISP collaborent dans ce cadre avec des asbl et institutions compétentes pour un résultat plus efficient. Dans le champ professionnel, il s’agit d’inclure les compétences comportementales liées au savoir-être indispensables à l’accès à l’emploi durable, au-delà des seules compétences techniques. Et les résultats sont plus que probants :  69% des personnes qui sortent d’une formation CISP – et dont nous connaissons les suites de parcours[1] – trouvent un emploi (23%[2]) ou entament une autre formation (46%).

Accompagner pas à pas pour viser l’insertion

Afin que les stagiaires aient des possibilités de s’insérer professionnellement dans un emploi durable et de qualité au terme de leur formation, il est indispensable de participer au développement de l’économie sociale et solidaire en Wallonie en renforçant les emplois d’insertion et les processus qui les accompagnent. En effet, même si de nombreux stagiaires CISP ont acquis les compétences et les savoir-être nécessaires dans le cadre de leur formation en CISP, le marché du travail, hyper compétitif, n’offre pas la possibilité à chaque citoyen de s’insérer et de trouver sa place. Les emplois d’insertion constituent d’excellents tremplins vers l’économie dite « classique » qui reste parfois peu accessible aux stagiaires CISP. Il y va de la responsabilité des CISP de travailler avec les employeurs mais aussi de celle des employeurs de revoir leurs critères de sélections, parfois trop exigeants notamment en termes de qualification ou d’expérience requises, ou les conditions de travail proposées.

Enfin, dans cette perspective d’ancrage et de durabilité de l’emploi, l’étude bien être du CAIPS[3] montre clairement que les formations en CISP permettent aux stagiaires d’accroître leur bien-être psychosocial, d’avoir un meilleur accès aux services publics, sociaux et de santé, d’étendre leur réseau social, de mieux définir leurs projets professionnels et personnels et d’améliorer leur estime de soi… Autant d’atouts essentiels, au-delà des résultats en termes d’insertion professionnelle à la sortie de formation, qui permettent aux personnes de reprendre pied pour poursuivre leur parcours de vie professionnelle.

 

[1] Une fois sortis de formation, la collecte d’informations par les CISP relative au processus d’insertion socioprofessionnelle des stagiaires n’est pas toujours possible.

[2] Ce pourcentage atteint 34.5% pour les stagiaires ayant achevé une formation professionnalisante.

[3] CAIPS-brochure-PDF-pour-diffusion-numérique.pdf (uliege.be)